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Les chutes d'Iguazu

Jérémie, tel un poète, sera une nouvelle fois l'auteur de cet article ... et probablement du suivant.



07/06

Lorsque le stewart du car nous réveille à 6h pour nous servir le petit déjeuner nous avons tous la même impression, celle de ne pas avoir fait un seul arrêt en 12 heures, ce bus est magique ! Par la suite nous déposons quelques voyageurs dans des villages dont les noms font rêver, Eldorado et Monte Carlo par exemple. Nous arrivons à la mi journée à Puerto Iguazu et un sourire similaire apparaît sur chacun de nos visages : il fait beau, et il fait bon (la vie coule comme une chanson, dirait Cloclo !), Anne-Laure et Yannick vont donc pouvoir ranger leur tenue de ski, au moins en partie. Et pour moi ce sera short, ça sent bon les vacances !
Une fois les sacs posés dans notre chambre de 5, nous partons visiter la ville et trouver un endroit pour nous sustenter... Pas d'arrêt par la piscine de l'hotel, dont la température rappelle la Manche en Avril. Nous trouvons une pizzeria avec terrasse au soleil, et WiFi, où nous restons un bon moment. De là je pars à l'aventure avec Eléa et Alex, longeant un grand parc vers le Río. Nous arrivons à Tres Fronteras au soleil et profitons du zoom de l'appareil pour découvrir cet endroit. Nous sommes à une pointe où se rejoignent le Río Iguazu au Nord, frontière naturelle avec le Brésil, et le Río Parana a l'Ouest, idem avec le Paraguay. Chaque pays arbore fièrement un petit monument à ses couleurs sur sa rive, en pyramide pour l'Argentine et le Brésil qui ont une frontière par fleuve, rectangulaire pour les couleurs rouge, blanc et bleu du Paraguay, car un seul fleuve. Le jaune et vert du Brésil est le plus difficile à remarquer dans l'ombre de la forêt qui nous fait face, mais nous posons bien sûr devant la pyramide azur et blanche qui nous concerne. Nous rentrons en longeant le Río jusqu'au village, étonnés de ne pas entendre les chutes qui sont plus à l'Est. Le petit village s'est bien développé grâce au tourisme. La promenade est belle, avec de nombreuses installations pour les enfants et les amateurs de sport.
De retour à l'hotel nous passons le moment le plus important du voyage, le point d'orgue, le climax... En effet Anne-Laure nous apprend la règle du Barbu !!! Ce jeu de cartes va nous amuser chaque jour désormais et remplacer la tv lors de certaines soirées (et oui je survis sans ma dose quotidienne de série). Nous allons goûter le wok local car nous avions repéré sa cheminée et qu'une fois la nuit tombée cette source de chaleur est appréciée. Comme souvent par la suite nous sommes seuls dans ce restaurant. C'est le début de l'hiver en Argentine, donc la saison basse. Les touristes sont rares et le service, en conséquence, aux petits soins. Nous allons tôt au lit car demain nous avons une frontière à passer.


08/06

Réveil, douches, petit dej, paquetage, gare routière et nous revoilà dans le bus, direction Foz da Iguacu, de l'autre côté du Río. Il faut descendre du bus une première fois côté Argentin puis une seconde après le pont, pour le tampon du Brésil. Seuls les étrangers descendent, le bus ne nous attend pas, nous prenons le suivant. La ville est grande et assez moche, et surtout ici on parle Portuguais, ce qui ne nous aide pas vraiment. Mais Carte Visa est assez universel, je comprends donc qu'il faut régler l'hotel dès notre arrivée. L'ambiance est assez glauque, à l'image de l'homme qui nous accueille clope au bec en bredouillant 3 mots d'Anglais. Mais les chambres sont grandes et nous prenons le temps de les choisir car ici nous en avons 4. Oui ce soir ce sera la colo, des amis d'Anne-Laure et Yannick nous rejoignent depuis Rio de Janeiro. Mee-Ra, Sylvain, Lionel et Romain verront les chutes avec nous. Nous ne les attendons pas et filons à l'entrée du Parc National.
Première étape, réserver 3 places en hélicoptère... Nous le voyons au-dessus de nous et sommes impatients. Peu de temps après je suis déjà Alex et Eléa sous les pales tournantes de l'appareil ! Eléa à ma droite gère les photos, moi les vidéos que nous pourrons montrer à tous les copains qui ont participé au cadeau d'Alex. Le pilote décolle très vite et tourne tout de suite sur sa droite, je ne vois plus le ciel mais seulement des arbres dans la fenêtre derrière Elea : "ne regarde paaaaaas" traduit bien notre première émotion ! Le Rìo se dévoile rapidement devant nous tandis que nous avançons vers les chutes. Un impressionnant mur d'eau sur des centaines de mètres qui se termine par un demi cercle du haut duquel se déversent des millions de tonnes d'eau, la fameuse gorge du diable : la Garganta del Diablo ! Nous tournons plusieurs fois autour, le temps de nous en mettre plein la vue pour notre premier aperçu de ce spectacle impressionnant et hors du commun.
Une fois sur la terre ferme un bus fend la forêt pour nous amener au premier point de vue. Face à nous les premières chutes de ce long mur, qui est du côté Argentin. Premières photos du paysage, en posant sous toutes les coutures, à la Japonaise ! Les appareils sont aussi braqués vers le sol car nous sommes suivis par des caotes, que nous appellerons lémuriens tant que nous ne connaîtrons pas leur vrai nom ! Leur queue ressemble à celle des singes de Madagascar mais ils marchent sur leur 4 pattes et ont un museau. Je ne vous parle pas de leur dent que je tiens à distance après avoir vu les panneaux de prévention... Ces choses là mordent !
Le chemin est bien tracé et les points de vue nombreux, laissant découvrir à chaque fois un peu plus de cet éblouissant paysage. Nous ne manquons pas d'imagination pour les poses et ferons le tri avant de vous infliger le diaporama de cette journée :) Petite parenthèse : je vous rappelle que je me balade avec 2 couples et comme je dois avoir une tête extrêmement sympathique, je suis sollicité en toutes les langues. Je ne suis pas sûr d'avoir déjà pris autant d'inconnus en photo en si peu de temps ! Il est bientôt 17h et nous décidons, avant d'aller voir le clou du spectacle, d'écouter nos estomacs qui grincent. Burgers frites avalés nous allons au promontoire qui s'avance vers la Garganta del Diablo et où flotte un grand drapeau brésilien qui nous rappelle Eve et Renaud lors d'une soirée déguisée... Nous avons un premier aperçu de ce qui nous attend le lendemain car le drapeau Argentin flotte sur un ponton comme posé sur le rebord des chutes, juste en face. Nous sentons les premiers embruns qui s'intensifient au fur et à mesure de notre descente. En bas un ponton s'avance à mi hauteur de la chute et nous ne pouvons pas rater celà. Pour faire couleur locale mes 4 comparses attrapent des ponchos au passage, je préfère être un peu mouillé et ne pas ressembler à un sac Carrefour sur les photos, j'avoue !!!
L'avancée est humide certes, mais fantastique. On a l'impression de toucher l'arc-en-ciel que l'on apercevait dans les embruns, et d'entrer dans cette fameuse gorge. Alors que l'eau s'écroule avec fracas à notre gauche on cherche à deviner la rivière sous nos pieds, au milieu des rouleaux d'écume blanche... Photos prises nous restons profiter du paysage quand, soudain, j'aperçois un visage connu. Nous hésitons tous les 2 mais Lionel, qui avance en tongs, short et t-shirt, reconnaît finalement Anne-Laure, malgré la double capuche doudoune - poncho ! Les retrouvailles avec lui et Romain se font donc au lieu le plus incongru, et sous l'eau, ce qui nous fait bien marrer. Mee-Ra et Sylvain sont restés au sec mais nous sommes vite tous réunis. C'est à 9 que nous prenons les dernières photos avant de rentrer vers Foz.
L'arrêt est obligatoire à l'épicerie avant le retour à l'hotel, on nous a tant vanté les mérites de la caïpi de Lionel ! Ici le litre de cachaça vaut 2 euros, on aurait tort de s'en priver ! Nous voici donc serrés dans la seule chambre dont le chauffage marche, à se détendre à grands renforts de citrons verts et sucre en poudre. L'ambiance est joyeuse, nous poursuivons la soirée au resto du coin de la rue, recommandé par le routard. Comme c'est la tradition dans ce pays le buffet est à volonté et les serveurs amènent différents morceaux de viande en continu, jusqu'à plus faim. Le vin n'est pas digne de ce nom mais la caïpi est bonne, comme celle du bar dans lequel nous terminons la soirée !
Bilan de cette journée : on serait bien restés 3 nuits dans notre petit hotel argentin pour éviter Foz mais on a eu notre soirée brésilienne tous ensemble et ça valait le coup ! On en a déjà plein les yeux et il paraît que ce sera encore plus ouf demain, hâte !!!


09/06

Réveil encore trop tôt, douche froide, petit dej dégueu, re-paquetage, re-bus, re 2 arrêts à la frontière et re la gare routière de Puerto Iguazu. On dépose vite nos bagages pour repartir au Parc mais là, dommage, on attend le bus près d'une heure... Pas grave, on bronze et on parle déjà de week-ends à Toulouse après l'été. Comme tout ici, l'entrée du Parc National a pris un bon coup d'inflation depuis la parution du guide, en 2011... Grand pique nique de la colo au soleil et nous partons à l'assaut du sentier vert qui conduit au sommet des premières chutes comme celles d'Adam et d'Eve, joli spectacle de voir l'eau couler sous nos pieds. Nous sommes curieux et continuons rapidement par l'autre sentier qui conduit au pied de ces mêmes chutes, avec une belle perspective sur le mur d'eau que nous voyions la veille de l'autre rive, avec encore une petite avancée dans l'écume des chutes. De belles photos encore, à découvrir ici.
Ca y est, nous savons qu'un caotes s'appelle un caotes, soulagement pour tous, et nous unissons nos arguments pour que Romain comprenne que ce n'est pas possible d'avoir cette bestiole en appartement à Paris !
Le petit train du Parc nous conduit au troisième et dernier sentier de la visite, en réalité un ponton de plus d'un kilomètre de long qui traverse le Rìo, par quelques petites îles, jusqu'à la Garganta del Diablo. Le plus étonnant à ce moment là est le calme de la rivière que nous traversons. Il n'y a aucun bruit, l'eau est lisse et donnerait envie d'y voguer, peut-être moins de s'y baigner à cause de sa couleur marron. Et, autre détail qui a son importance, cette eau est habitée. Mon oeil aguerri aperçoit en effet au loin, à contre jour et presque confondu avec la roche, un caïman qui se fait gentiment bronzer. Pour la baignade on repassera !
A l'oreille nous approchons et l'impatience nous gagne, il y a de quoi ! Le spectacle est double : non seulement nous avons juste devant nous la chute principale avec le débit le plus fort de la zone, mais en plus nous sommes au-dessus de l'arc de cercle et voyons donc de l'eau se déverser de façon massive sous nos pieds. La luminosité est parfaite pour les photos et les appareils sont donc beaucoup sortis, entre 2 vagues d'embruns. Un poème en Espagnol est affiché au point de vue qui incite le visiteur à rester silencieux devant ce spectacle de la nature car aucun mot ne peut le définir. Le seul mot qui peut illustrer la magnificence de telles choses est "Dieu"...
Avec ces images plein les yeux et les cartes mémoires nous rentrons à l'hôtel, toujours en colo de 9, pour un apéro sur la terrasse pendant qu'il fait encore bon. De là nous nous dirigeons vers un restaurant parillada, comprenez un endroit où les kilos de braise bien rouge font cuire, sur le grill, toutes les pièces de viande que nous aimons. Pas facile de traduire mais le Bife de Chorizo (probablement du rumsteak) en est une des meilleures. C'est un gros dîner que nous partageons joyeusement avec Mee-Ra, Sylvain, Lionel et Romain avant de les quitter le lendemain matin. Nous avons un vol aux aurores pour Salta dans le Noroeste Argentin, eux prennent un car pour Sao Paulo. Je ne peux pas les laisser partir sans leur transmettre les règles du barbu donc je termine la soirée sur la terrasse avec eux 4 avant d'aller me glisser sans un bruit dans mon sac de couchage, car mes 4 camarades de route dorment paisiblement !


1 commentaires:

Delphine Says:

Les photos sont sensationnelles !!!! Amusez vous bien !

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